Les témoignages
Archives de l’année 2025
Nom : DAIX Rolande | Posté le : 11/11/2025
Témoignage :
Vous trouverez ci-joint le courrier de Madame Rolande DAIX, lu lors du décès de son mari survenu le 20/01/2013, c'était un enfant du Centre de la Belle Etoile.
Quand tu es parti de tes Ardennes pour arriver dans un orphelinat à Mercury, tu quittais des parents qui se déchiraient ... tu avais une dizaine d'années.
A ce moment la, tu ne savais pas très bien ou le destin allait t'emmener.
En l'Abbé Garin, tu as trouvé un père spirituel, il a su t'épauler et t'aider à trouver ton chemin.
A l'âge de l'apprentissage, tu avais le choix entre la mécanique ou la boulangerie.
Tu as choisi la boulangerie et tu as passé presque toutes tes nuits à apprendre le métier.
Mais ton ambition était un jour de devenir patron et c'est comme ça, par un beau jour du mois de juin, avec nos deux enfants que tu as réalisé ton rêve en ouvrant cette petite boulangerie à Novalaise.
Et là aussi avec beaucoup de courage tu y as passés presque toutes nuits...
Nom : Hamid Chakry | Posté le : 10/11/2025
Témoignage :
Arrivé à Mercury le 7 janvier 1962, sans rien savoir de ce qui m'attendait, de là, très vite on m'a placé à l'Etanche (lieu pour les petits) ou j'ai terminé mon année scolaire.
L'année suivante je suis revenu à Mercury et mon père est venu me chercher en plein milieu de la semaine, j'ai trouvé ça bizarre.
J'ai appris le décès du plus jeune de mes frères (d'un accident de vélo) j'ai donc terminé mon année scolaire chez moi à Chambéry.
L'année suivante je suis allé à Tamié chez les grands et mon passage chez l'Abbé Garin a été de 1962 à 1967 à part l'épisode du décès de mon jeune frère et quelques périodes chez mes parents.
Un des témoins a dit que le Centre Belle Etoile était loin d'être le club Med mais je précise qu'il était très loin aussi d'être un camp de concentration. La discipline était stricte comme partout à l'époque.
Nous avions nos trois repas par jour, douche tous les soirs, cinéma, télévision...les enfants dans leurs familles ne jouissaient pas de conditions de vie aussi bonnes...
Par contre, certains éducateurs ne méritaient pas cette appellation, Joseph était une véritable crapule, il n'avait pas sa place ici, il frappait durement les enfants dont moi, il organisait des marches forcées. Lorsque nos devoirs ne lui paraissaient pas bien fait il nous punissait en mélangeant la salade dans la soupe!!! Ce n'était pas très intelligent.
Les "Oubliés de la Belle Etoile" vont plus loin en parlant de sévices sexuels subis notamment par "un encadrant".
Durant les vacances, il était responsable du Centre de Tamié. Je n'ai jamais vu ou entendu un témoignage qui allait dans ce sens; et jamais je ne l'ai vu dans les dortoirs nous vivions en autarcie, donc ???
La vie n'a pas été facile mais cela reflétait le système éducatif de l'époque.
J'ai été placé comme aide chez un agriculteur célibataire qui vivait avec sa mère. J'ai été accusé par eux de vol, l'abbé Garin a été averti que je ne voulais plus participer aux travaux de la ferme. Il est venu immédiatement me chercher, il était très en colère contre eux et ce jour la, je pense que la soutane les a protéger, il m'a emmené avec lui. Il faut préciser qu'ils avaient retrouvé l'argent...que je n'avais jamais dérobé.
Mon départ a été un traumatisme pour moi, car un gamin du centre de la Belle Etoile est venu me chercher dans une ferme ou je travaillais durant les vacances, en me disant simplement TU PARS.
Le boulanger qui me prenait en apprentissage m'a emmené très très vite sans que je puisse dire au revoir à tous mes copains. Cela m'a rendu très très malheureux.
J'ai eu un accident pendant le sport à Mercury, j'ai chuté violemment d'un portique et j'ai eu un traumatisme crânien, clavicule et cotes cassées...Emmené immédiatement à l'hôpital d'Albertville, je suis resté trois mois.
J'ai eu la visite de la directrice du Centre Belle Etoile toutes les semaines pour voir si j'étais bien soigné, et pour mes devoirs. L'Abbé Garin est passé quelques fois.
En fait chez moi j'étais très bien, bien nourri et pas battu, je me suis retrouvé au Centre de la Belle Etoile de l'abbé Garin à cause d'une assistante sociale incompétente.
Nom : BELLANGER | Posté le : 10/11/2025
Témoignage :
Je tenais à vous livrer mon témoignage à mon arrivé au centre Belle Etoile à Mercury.
J’étais très jeune à cette époque et les souvenirs restent encore très flou, cependant j’étais très inquiet par cet endroit, mais je me suis vite adapté à cet environnement, ayant compris que c’était un bel endroit entouré de montages.
J’ai vécu dans les 3 centres avec des encadrants exemplaires qui ont entretenus envers moi de très bonnes relations, aujourd’hui adulte, il me semble avoir été bien éduqué, et je tiens à les remercier ces encadrants de leurs participations à mon éducation qui mérite d’être soulignés.
Les encadrants tels que l’Abbé Garin, Colette Chastel, Roger Albert, Marcelle Grange, Félix… étaient des personnes bienveillantes.
Enfant, cette période je l’ai vécu fortement perturbée et grâce à leur soutien, c’est incontestable cela m’a apporté de la stabilité, même si cela n’a pas été facile sur le plan affectif.
J’ai eu de leur part une éducation qui m’ont construit aujourd’hui, une belle vie familiale, avec des enfants entourés de mon épouse ainsi qu’une belle réussite professionnelle.
Les encadrants que je cite en amont ont toujours fait preuve d’une grande bienveillance à mon égard, notamment en respectant scrupuleusement ma personne et en participant à mon éducation. Je leur dis merci de m’avoir pris sous leurs ailes, ils m’ont donné un chemin à suivre et guidé dans la construction de ma personnalité.
J’admets encore aujourd’hui d’avoir été très chanceux d’être entouré de personnes disponibles, j’ai pu apprécier leur gentillesse et pour beaucoup leur dévouement comme Colette Chastel, Renée Clémençon, René Albert, Félix dont j’ai oublié son nom de famille, et je ne peux croire à ces accusations.
Des bons moments restent encore gravés dans ma mémoire, comme celui de René Albert, il a marqué positivement mon éducation, c’était un homme chaleureux, un éducateur très investit dans son rôle. A cette René Albert était présent sur les temps hors scolaires. C’était une personne de confiance avec qui j’ai tellement de gratitude. Il m’a marqué positivement par sa bienveillance. C’était vraiment une gentille personne. Il était chargé avait monté une chorale avec quelques élèves dont je faisais partie, ce qui me permettait de chanter à l’abbaye de Tamié, quelle fierté à l’époque. Les souvenirs avec René Albert sont inoubliables et tellement contradictoires des propos évoqués dans le documentaire « Les oubliés de l’Etoile ».
Ce qui me parait invraisemblable, c’est qu’on puisse prendre comme vérité des propos venant d’individus qui n’ont rien construit de leur vie.
Le fait de salir l’abbé Garin et l’équipe d’encadrants me gêne terriblement. Nous sommes une poignée de pensionnaires qui ont vécu dans les 3 centres belle étoile ; les propos tenus dans certains article et dans ce film me semble sortis d’une imagination débordante et revancharde par des d’individus au profil très douteux.
A lire certains commentaires comme nous avions faim et mangions dans les gamelles des chiens, jusqu’à manger des pommes de terre pourries, ce n’est qu’un tissu de bêtises et comment croire ces propos.
Quant aux sévices en tous genre, c’est du pur mensonge, nous prenions quelque fois des claques, mais de là à comparer ces claques à des tortures ou des faits de guerres ou de tortures, là on tombe dans le ridicule et l’absurdité.
Je n’ai jamais participé à des punitions collectives et vu des camarades courir nu dans la neige ; c’est de la fabulation.
Je peux comprendre que certains de nos camarades ont très mal vécu cette période, mais à noircir la situation de cette façon, je ne l’accepte pas et je tiens à rectifier ces propos.
J’ai le souvenir d’un Abbé remarquable à la fois dévoué par sa tâche et surtout très proche de ses pensionnaires. Il faisait beaucoup d’efforts pour que nous ayons, loin du manque d’affectivité de nos parents, un environnement agréable.
Je garde de lui une personne très proche avec un courage immense et une force de vie admirable. Il exerçait à cette époque qui n’était pas si simple de lourdes responsabilités sur ces 3 centres.
En conclusion je souhaite que Clémence Davigo, creuse un peu plus loin dans ses recherches de vérité et interroge d’autres pensionnaires permettant de rétablir certaines vérités
Roland Bellanger