Les témoignages
Archives de l’année 2025
Nom : STUMP Jean-Pierre | Posté le : 05/11/2025
Témoignage :
Un peu d’Histoire !
J’ai séjourné à la -Belle Étoile- aux années 1950 et je remarque que les ‘‘Oubliés de la Belle Étoile’’ ont majoritairement séjourné aux années 1960. Mais j’ai été aussi éducateur de1966 à 1967 et je peux affirmer que la discipline s’était nettement assouplie. Les Centres, tels celui de l’Abbé Garin donc aux années 1940-60 répondaient aux besoins d’une France sous le choc du dernier conflit mondial. En 1945 des légions d’enfants abandonnés, maltraités, submergent toutes les structures d’assistance. Ainsi ont été créés pour des raisons pratiques et utilitaires des Orphelinats mais aussi des Services de Placements en Familles d’Accueil surtout paysannes. On ne peut préjuger si ces enfants ainsi placés ont été heureux, comblés, mais je savais que certains ont été adoptés ou ayant même hérités de biens familiaux. Mais que penser de ce constat :
En 2015, en quête de retrouver mes camarades dans ces familles et de différents villages où j’avais séjourné, je fais une découverte surprenante et accablante :
Sur une photo classe de 1955 et de 22 élèves, 13 enfants sont du village et 9 sont pupilles de l’État. En 2015, sur les 13 enfants du village 4 sont décédés et 5 sur 9 pour les pupilles. Pas loin du simple au double et enfin aucune tombe à leurs noms. Comment expliquer !?
Sur cette lancée je me suis rendu à la DDASS et j’ai alors découvert des courriers hallucinants de familles allant jusqu’à dicter leurs choix : tel âge, propre, gentil, pas de filles, un autre à la place… Et la direction de la population de répondre en ces termes : Madame, je n’avais pas de ‘‘sujet’’ à ce jour mais… Oui, pas un enfant mais un sujet !...
Ce n’était donc, pour chacun de nous, qu’une loterie ! Mais que ce soit en familles d’accueil ou ‘‘parqués’’ en Institutions ne changeait rien au cadre réglementaire, aux visées éducatives et des codes sociétaux d’alors. Si on veut juger l’Abbé Garin n’est-ce pas toute l’époque qu’il faut juger ?
Évoquant les vents violents de l’histoire, allusion aux persécutions de son temps, Jean Ferrat chante : ‘‘Nul ne guérit de son enfance’’. N’est-ce pas quelque part notre histoire commune ? Je partage la souffrance, le besoin de se reconstruire de tous mes frères d’infortune. Si certains, à Mercury, ont été victimes d’abus que la justice fasse son travail. Autre chose est de se faire justice !
Nom : drahi josette née garin josette | Posté le : 04/11/2025
Témoignage :
Je suis la niece de l' abbé Garin. Aussi je tiens a remercier tous les anciens de la belle étoile qui par leurs témignages et leurs vécus réhabilitent la mémoire de mon oncle que tant d'autres essayent de salir.
J'ai perdu mon pére à l'age de 8 ans ,ma mére etait donc veuve avec 4 enfants et peu de moyens aussi à noél nous n'avions pas de cadeaux; j allais donc au centre de mercury ou les enfants avaient une féte et comme eux j'avais ainsi un cadeau.
Plus tard en 1964 et 1966 j'ai tavaillé au centre de l'etanche avec des enfants de 6 à 10 ans et je n'ai jamais vu de maltraitance .
Tout n'as peut etre pas été parfait mais il ne faut pas oublier qu'apres la guerre mon oncle qui avait 31 ans a consacré sa vie et son patrimoine pour ces enfants souvent abandonnés par leurs parents.Et il est mort à l'hopital à l'age de 57 ans bien seul.
Nom : michel Jambot | Posté le : 03/11/2025
Témoignage :
Issu d'une famille de cinq enfants et de parents irresponsables, nous avons tous été placés par la DASS de Bourges, séparé de ma famille je suis arrivé chez l'Abbé Garin en 1962 à l'âge de 7 ans.
A ce moment-là, je n'aurai jamais imaginé ne plus les revoir du tout. Aujourd'hui encore, la peur de l'abandon me hante toujours.
Je suis reconnaissant envers l'Abbé Garin, qui malgré la dureté de l'époque, a consacré sa vie, ses biens, sa fortune pour sauver des centaines d'enfants comme moi.
Lorsque j'ai eu des problèmes de santé, jambe cassée, rhumatismes...il m'a trouvé un centre pour me faire soigner pendant 9 mois à Aix-en-Provence.
Il m'a aussi trouvé une famille d'accueil ou j'étais l'enfant le plus heureux. J'ai cru pouvoir être adopté mais impossible car mes parents encore vivants étaient responsable de moi INCROYABLE.
A 14 ans, il m'a pris sous sa responsabilité au lieu de m'envoyer à Bourges car il connaissait ma situation familiale catastrophique. L'Abbé Garin m'a trouvé un apprentissage dans la photographie à Albertville ou j'ai fait une très belle carrière.
Lors des vacances d'été et de Noël, nous attendions dans la cour, droits comme des "i" l'appel de notre nom dans l'espoir de partir dans nos familles.... et bien non, je suis resté au milieu de la cour avec des copains, en vain, et cela a duré 10 ans. Je ne souhaite cette situation à personne.
De nos jours, les enfants s'entretuent dans les rues, à l'école, massacrent leurs professeurs, où est la discipline !!!
L'Abbé Garin nous a enseigné la droiture, le respect des autres, ce qui manque cruellement aujourd'hui. Tous les enfants de l'Abbé Garin se sont battus pour intégrer la société et ont réussi grâce à lui.
Madame Davigo m'a demandé mon témoignage, ma réussite ne l'intéressait pas, il fallait du scandale et des larmes. Sans aucune gêne, elle m'a demandé si mon nom pouvait paraître dans le générique, j'ai refusé évidemment.
J'ai eu des problèmes dans la vie et j'ai toujours essayé de trouver une solution. Je n'ai jamais accusé l'Abbé Garin comme responsable de mes échecs.
Nous sommes tous responsables de nos actes.
Nous n'avons pas été épargnés par la vie, mais ce documentaire a saccagé et sali nos souvenirs de jeunesse et nous a divisés.
Tout ce qu'il a fait pour moi l'a reproduit pour des centaines d'enfants. MERCI