Les témoignages
Archives de l’année 2025
Nom : Fabien TERRAZ | Posté le : 21/10/2025
Témoignage :
Mon expérience au centre Belle Étoile se déroule de juin 1966 à octobre 1971, période durant laquelle j'ai été moniteur et ai pu observer directement le fonctionnement de cet établissement. Je n'avais pas encore vu le film en question, mais les propos que j'ai entendus à son sujet m'ont paru surprenants. Je tiens à témoigner que l'abbé Garin et l'ensemble du personnel avaient un objectif clair : prendre en charge les enfants et leur offrir la meilleure éducation possible pour faciliter leur intégration dans la société. Cela se faisait par l'application d'une discipline bienveillante.
Même si, aujourd'hui, cela peut sembler sévère, il n'y avait aucune forme de maltraitance, et surtout pas de traumatismes suite à leur séjour à la Belle Étoile. Cependant, après avoir visionné le film, j'ai des doutes sur la véracité de certains propos rapportés. Je ne nie pas la souffrance éventuellement ressentie par certaines personnes, mais les déclarations contenues dans le film me semblent être l'expression d'un groupe qui a développé une opinion négative sur une personne.
Il est fréquent qu'un groupe choisisse un bouc émissaire pour canaliser des frustrations internes, permettant ainsi de se concentrer sur une cible unique. Une rumeur, qu'elle soit fabriquée ou exagérée, se propage rapidement, et ceux qui y croient cherchent à en trouver des preuves. Une fois qu'une opinion négative est formée, elle est renforcée par la répétition et le soutien mutuel entre les membres du groupe. C'est exactement ce que montre le film, et ceux qui s'opposent à cette vision craignent d'être exclus ou rejetés.
Pour réaliser un film, il faut du contenu captivant : la réalisatrice du film, a perçu une opportunité avec ce sujet. Son objectif n'était pas de rechercher la vérité mais de recueillir des témoignages percutants pour émouvoir les spectateurs. Cela, même si cela impliquait de renforcer des accusations de maltraitance et d'abus sexuels. Les émotions engendrées servent à garantir une rentabilité pour le film et à justifier des dédommagements réclamés par les protagonistes, tel qu'illustré dans le film.
L'affaire Bétharram est devenue un outil publicitaire puissant. Je suis néanmoins satisfait de voir l'association "Les enfants de l'Abbé Garin" œuvrer pour rétablir la vérité, offrant une perspective objective et fondamentalement différente de celle présentée dans le film .
Nom : drahi josette née garin josette | Posté le : 19/10/2025
Témoignage :
Bravo et merci à ces anciens de la "belle étoile" qui veulent rendre hommage et réhabilité la mémoire de mon oncle l'abbé Garn.J'aitravaillé au centre de létanche en 1964 et 1966 avec les enfants de 6 à 10 ans et jamais je n'ai vu de maltraitanes.
Depuis l'age de 31ansl'abbé a consacré sa vie et son patrimoine à ces malheureux enfants souvent abandonnés par leurs parents.
josette Garin
Nom : Stump Jean-Pierre | Posté le : 17/10/2025
Témoignage :
Centre : ‘‘La Belle Étoile’’ Mercury. 1955-57.
J’ai bringuebalé toute mon enfance entre Dépôts, Foyers et Familles d’accueil. Ces dernières ont été, pour des raisons diverses toujours difficiles, s’ajoutant aux rejets des villages par ailleurs très inventifs à nous railler : têtes brûlées, bâtards, tarés... Nous n’existions pas, sinon comme larbins et nous attribuer tous les malheurs de la Terre. À 12 ans, et suite à un cumul d’incartades, de rebellions, je suis expédié au Centre ‘‘ La Belle Étoile’’. En 2025, sort un film à charge contre l’Abbé Garin, son œuvre. Je l’ai vu, sidéré par sa construction si orientée, si réductrice.
Ce que j’ai ressenti et retiens de mes séjours à La Belle Étoile.
Accueil à la tondeuse, puis la lingerie où je dois rendre toutes affaires personnelles. Éjecté alors au réfectoire en attente des retours de promenades, ce qui me terrorise déjà. On les dit féroces, terribles ! J’attends, somnole quand soudain les voilà ! Cris, disputes, rires, shorts et cheveux courts, tous comme moi ! Aussitôt ma peur cède à la sensation qu’ils sont déjà mes frères, ma vraie famille. Ce sentiment se renforcera au contact d’un personnel mixte qui, avec l’Abbé, s’activent à créer un climat familial. Avec fermeté, rigueur mais égales aux pratiques éducatives des années 1940-60. Cependant une famille de 60-80 enfants déjà cabossés par la vie, n’était surement pas simple. J’en ai partagé la vie, la rigueur mais, au Centre, je ne me suis jamais senti bâtard ni taré, seulement Enfant d’une grande Famille.
Que dire des faits dénoncés par les ‘‘Oubliés de la Belle Étoile’’?
Me concernant, j’affirme n’avoir jamais été giflé, battu ou abusé. Je n’en dirais pas autant pour certaines de mes familles d’accueil. Si des abus ont existé j’en n’ai jamais entendu parler. Je pense aussi que c’était peu réalisable. Pourquoi ?
- Par la vie constante en collectivité sans espaces privés, même en dortoirs.
- Entre nous, tout se disait, se savait et si des camarades, victimes de tels abus, n’auraient pas osé le dénoncer nous nous en serions chargés.
- Enfin, je ne vois pas l’Abbé Garin tolérer et couvrir de tels agissements de son personnel. Sans compter les regards des intervenants locaux, de la municipalité de Mercury et des Services départementaux à l’Enfance de Chambéry.
L’Enfer au Centre de Mercury !?
Comment comprendre alors qu’en 1956, je m’évade d’une famille pour me réfugier chez l’Abbé. Trois fois elle revient me rechercher, trois fois je refuse*. De même ce camarade qui, replacé dans sa propre famille, s’en évade aussi pour revenir au Centre*. Six décennies passées et je n’ai toujours qu’un mot à dire : Merci à toutes celles et ceux qui nous ont permis de survivre. Ce qui ne veut pas dire tout excuser. Jean-Pierre Stump-2025 * Faits archivés Dossiers DDASS et Préfecture de la Savoie.