Association des enfants de l'Abbé Garin

Les témoignages

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Archives de l’année 2026

Témoignage de: Nous étions des "ANGES"
Posté le : 18/05/2026


Mercury : je me souviens très bien de la mise à feu du grand sapin du petit bois, il était plein de résine, c'était très tentant. Il a fini en une immense torche...

Bien sûr, d'après nous, cela ne pouvait être que les enfants du village les responsables....mais nous avions les mains pleines de résine, on ne nous a pas crû...les pompiers sont venus éteindre l'incendie.

Tamié : avec notre imagination débordante, nous nous sommes attaqués aux pierres de la muraille du Fort de Tamié. Nous avons décelés de très gros blocs, nous les avons fait débaroulés dans le vide, ils tombaient avec une violence inouïe dans la forêt, arrachant des arbres, et parfois, rebondissaient dans les champs ou les paysans faisaient les foins, ils hurlaient, terrorisés.

Mercury :  nous apportait notre pécule : l'Eglise et son tronc nous fournissait de quoi acheter des élastiques pour nos lance-pierres, les malabars, les chocolats... Les lance-pierres nous servaient à casser les tasses qui tenaient les fils électriques, on les éclatait régulièrement, nous étions très habiles,EDF était content.

Mercury : les fameuses fléchettes, d'où venaient-elles ? Je me souviens de cette fameuse cible qu'était le dos de "Joseph" il a reçu nos belles fléchettes bien aiguisées, de là, est venu pour les deux premiers derrière lui, les punaises sous les doigts, mais nous n'avons dénoncé personne, victoire.

Mercury : Moins drôle, le coup de couteau dans les fesses de Jean-Michel B, de la part d'Alain B, le couteau a servi aussi dans les côtes d'une pauvre vache d'un paysan. 
 Il y avait des têtes brûlées, des gamins incontrôlables, des bagarres régulièrement pour pas grand chose, certains ne savaient pas se moucher, se laver les mains, attacher leurs lacets et l'école était une catastrophe.
Nous avions un camion qui passait pour le pain, nous l'avons visité régulièrement...
Nous ramassions les pommes pourries, pas pour les manger, mais pour faire une bonne bataille, on en prenait plein la poire.

Tamié : les couleuvres au fond du lit, un hurlement au coucher nous valait 30 minutes de promenade pour nous calmer, nous étions quand même une cinquantaine dans le dortoir.
les parties de foot avec les poireaux dans les jardins de Mercury (on n'aimait pas les poireaux) les habitants de la commune nous guettaient, ils nous aimaient beaucoup !!!

Tamié : les pierres bien plates atterrissaient sur le front d'un ennemi pour une histoire de chocolat !!!

Il y en a bien d'autres, mais ce sera pour une prochaine fois.

L'Abbé Garin réglait les dégâts, il ne faisait pas souvent de réflexion, il savait aussi que nous étions des anges

Témoignage de: Bonjour je suis Abderraouf Galai
Posté le : 18/05/2026


Retrouver une place d'enfant, c'est ce qu'il m'a été donné en arrivant à la Belle Etoile
Je ne peux dire à quel point j'ai été soulagé. Ce séjour qui ne devait durer que 6 mois a finalement duré 8 ans.
Mais je ne peux que rendre grâce à l'oeuvre de l'Abbé Garin.
Nous avions un environnement idéal, la montagne est une merveille.
Manger 3 fois par jour est une chose qui ne m'était jamais arrivée.
Avoir un lit à moi tout seul, non plus.
Je n'avais plus la charge de mes frères et soeurs.
Je me rends compte aujourd'hui que je fais partie de ces enfants privilégiés qui ont eu une enfance heureuse.
Après toutes ces années, j'ai toujours la joie de cette enfance qui demeure.
Instruits, éduqués, sociabilisés, tous les enfants de Mercury se reconnaissent somme des frères.

Témoignage de: Témoignage de Pascal Guynet du 20 mars 2026
Posté le : 22/03/2026


J’ai été propriétaire de ce lieu pendant 39 ans, dans les anciens bâtiments de la Belle Étoile à Tamié, où j’ai moi-même été pensionnaire durant un an et demi. Au fil des années, j’ai recueilli de nombreux témoignages d’anciens élèves. Même si certains reportages ont présenté cet établissement comme un système en marge des institutions, je tiens à rappeler qu’il a surtout permis d’accueillir et d’aider de nombreux orphelins et enfants en difficulté, à une époque où peu de solutions existaient.
Je garde le souvenir, partagé par beaucoup, d’une discipline stricte, avec des conditions parfois rudes : marches soutenues par tous les temps, nourriture simple, punitions qui peuvent aujourd’hui surprendre. Mais tout cela était souvent de courte durée et faisait partie d’un cadre éducatif qui cherchait à nous structurer.
Avec le recul, je constate que beaucoup d’entre nous en ont aussi retiré du positif. Nous étions à environ 1000 mètres d’altitude, en Savoie, sur la commune de Plancherine, et nous faisions régulièrement des randonnées, notamment vers la Belle Étoile ou le Haut du Four. Nous avions aussi un fil neige, ce qui nous permettait de pratiquer le ski. Tout cela a donné à beaucoup le goût de l’effort et du sport : certains se sont tournés vers le cyclisme, le marathon ou l’athlétisme.
Pour ma part, j’y ai aussi développé une véritable passion pour les antiquités et la restauration de meubles anciens, à laquelle je me suis consacré intensément, presque sept jours sur sept.
Enfin, sur l’ensemble des témoignages que j’ai recueillis durant toutes ces années, je tiens à préciser que je n’ai jamais entendu d’anciens pensionnaires évoquer d’abus sexuels.
Malgré les difficultés, je retiens que ce lieu nous a apporté des repères, une bonne éducation scolaire et une formation professionnelle. La plupart d’entre nous ont obtenu leur certificat d’études. Pour beaucoup, y compris moi, cela a été une période exigeante, mais aussi une véritable chance de se construire et d’avancer dans la vie.