Association des enfants de l'Abbé Garin

Les témoignages

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Archives de l’année 2026

Témoignage de: Témoignage de Danielle Gateau
Posté le : 04/03/2026


Danielle Gateau Institutrice (1968 au Centre de Mercury puis au C E T)


1968 : une simple visite au Centre Belle Etoile dont le portail est toujours ouvert et je rencontre

l’Abbé Garin dans la cour. Oui, il y a des enfants qui suivent difficilement en classe et il envisage un

petit groupe. Il n’y a plus de locaux disponibles mais il peut aménager la salle de spectacle avec une

dizaine de tables. Je ne suis pas sûre du tout d’être à la hauteur mais je veux bien essayer.

Je vais rencontrer Madame Chastel, directrice, qui me donne des conseils sur les méthodes à

adopter, ce sont des méthodes très nouvelles et qui permettent d’individualiser le travail.

Il me reste à découvrir les enfants. Je ne me pose même pas la question de savoir pourquoi ils sont

là. Pour moi, c’est un internat comme j’en ai connu. Soixante ans après, je ne sais plus vraiment ce

que nous avons fait en classe mais le contact s’est établi, avec de bons moments : partir en balades

pour apprendre à faire des photos , préparer une tarte chez moi, jouer avec mes enfants… A la fin de

l’année, j’ai eu un très beau cadeau : un magnifique tableau de pyrogravure sur bois fait par Manuel,

avec des paysages de montagne…Je l’ai toujours !

Je les ai vus grandir et je les ai revus plus tard plusieurs fois, chez moi …ou à Albertville en faisant les

courses. C’est comme ça qu’ André Bovagnet m’a invitée à une réunion des anciens à Tamié en

2005 …je crois !

Hacen était très content de remplir nos assiettes avec un bon couscous. Autour de la table, tous se

rappelaient les fameuses journées au Fort de Tamié, les bêtises aussi, ce que l’Abbé Garin n’avait pas

su, le chien dans la machine à laver, le moniteur qui n’arrivait pas à grimper à la Belle Etoile…  alors

que pour eux, c’était « de la rigolade »…

Ils ont raconté aussi leurs vies d’adultes, les difficultés en sortant du Centre, les moments de

solitude, le travail, les enfants… Cette réunion était une très bonne initiative car tout le monde

appréciait d’être là, ensemble, comme une famille. Ils ont donc décidé de créer une association et de

rechercher d’autres anciens. A ce repas, je n’ai entendu aucune évocation de sévices et l’idée de se

réunir n’était sûrement pas pour se plaindre du Centre, mais pour « aider » les copains !

Je ne sais plus quand j’ai donné mes photos et films. Recueillir des souvenirs de jeunesse paraissait

une priorité et un moyen de partage. En 2019, un ancien est arrivé chez moi…avec une plante verte

en cadeau ! : il avait les photos sur son téléphone et voulait retrouver la route où nous les avions

faites! D’où l’importance des souvenirs, des repères…

Vingt ans plus tard, le film « les Oubliés de la Belle Etoile » m’apparait comme une fiction. Je suis

sidérée ! Je retrouve dans le film de Madame Davigo mon petit film « double huit » de l’époque, que

beaucoup connaissent…  Un gros plan sur les visages avec des commentaires stupéfiants : les yeux

cernés par le manque de sommeil, par les pleurs et les coups !!! ça, je suis sûre que c’est faux !!!

Pourquoi piétiner tous les bons souvenirs ?? Nous cherchons l’explication….Té

Témoignage de: Enfant élevé par l'Abbé Garin Hubert Baptendier le 26 mars 2026
Posté le : 01/03/2026



Je me nomme Hubert Baptendier, je suis né le 20 août 1945 à Hauteluce en Savoie.

J'ai été déposé en nourrice dès ma naissance à Montvalenzan en Savoie.
Puis placé à l'orphelinat de Bourg-Saint-Maurice jusqu'en octobre 1952.
D'octobre 1952 jusqu'en 1955, je suis placé chez l'Abbé Garin au Centre de la Belle Etoile à Mercury.
Ma mère ayant des "connaissances chamaniques"... je fugue.
En 1957, je demande à la justice de retourner chez l'Abbé Garin qui était, pour moi, la meilleure solution.
Ce n'était pas une colonie de vacances mais le portail n'était jamais fermé...mais je me sentais bien, c'était une période d'après guerre avec un environnement difficile.
Grâce à l'Abbé Garin et son personnel, j'ai pu faire mes études jusqu'au CEP.
Je suis resté pensionnaire au centre de la Belle Étoile jusqu'à mes 18 ans, ce qui m'a permis de passer le CAP, je remercie l'Abbé Garin de m'avoir gardé sous sa tutelle gracieusement, c'était pour moi comme un père.
En 1970, je suis revenu pour être marié par l'Abbé Garin, la cérémonie et le repas se sont déroulés au Centre de la Belle Etoile. 
J'ai continué mon chemin avec une belle réussite
Le documentaire des "oubliés de la belle étoile" ne reflète absolument pas la réalité de mon passé avec l'Abbé Garin qui a tellement fait pour les enfants.


                                                    Sans lui, que serais-je devenu ?

PS : j'ai tous les documents du tribunal prouvant ma demande acceptée de revenir auprès de l'Abbé Garin

Témoignage de: Abdelhamid Chakri
Posté le : 26/02/2026


Hommage à titre posthume à l'abbé Garin
A la mémoire de l'abbé Garin directeur du Centre de la Belle-Etoile
Monsieur l'Abbé,
Soixante ans ont passé depuis mon séjour à la Belle-Etoile sur les hauteurs de Mercury. Aujourd'hui, avec le recul d'une vie entière, je ressens le besoin profond de vous adresser ces remerciements que l'enfant que j'étais n'a peut-être pas su formuler à l'époque. Je tiens en effet à vous remercier pour la main tendue et pour la structure que vous nous avez offerte. A la Belle-Etoile (Mercury, Tamié, l'Etanche) vous n'avez pas seulement dirigé un centre d'accueil mais vous avez bâti un refuge où l'on apprenait la dignité, l'effort et le respect de soi. Sous votre regard, à la fois ferme et bienveillant, j'ai puisé des forces qui m'ont accompagné durant ces six décennies : les souvenirs des fabuleux paysages de Savoie, la discipline de vie que vous nous avez enseignée restent gravés en moi. Merci d'avoir cru en nous alors que nous cherchions encore notre chemin...
Même si vous n'êtes plus là pour entendre ces mots, votre héritage survit à travers tous ceux que vous avez aidés à devenir des hommes. Votre dévouement à Mercury a laissé une trace indélébile dans mon existence.
Que cet hommage témoigne de ma profonde gratitude.
Abdelhamid Chakri, ancien pensionnaire de la Belle-Etoile